Le télétravail remet-il en cause l’avenir des SCPI ?

27 décembre 2025

La fin d’année 2019 n’a pas seulement marqué un tournant sanitaire, elle a aussi bousculé les codes du monde professionnel. L’irruption du covid-19 a forcé des pans entiers de l’économie à revoir leur organisation. Très vite, le télétravail s’est imposé, devenant pour de nombreuses entreprises la solution incontournable pour maintenir leur activité. Face à ce bouleversement, les sociétés civiles de placement immobilier, ou SCPI, ont dû se positionner. La question se pose alors : l’essor du travail à distance menace-t-il vraiment l’avenir des SCPI ou bien offre-t-il de nouvelles pistes à explorer ?

Télétravail : quand la maison se transforme en bureau

Le covid-19 a fait voler en éclats les habitudes professionnelles à une vitesse inédite. En quelques semaines, des millions de salariés, en France comme ailleurs, ont vu leur salon ou leur chambre devenir leur principal poste de travail. Sous la pression des autorités, les entreprises ont dû mettre en place, parfois dans l’urgence, des solutions de travail à distance. Une adaptation qui s’est opérée dans la contrainte mais qui, finalement, s’est installée dans la durée.

Une fois la crise sanitaire mieux maîtrisée, certains misaient sur un retour rapide à la routine d’avant. Mais la réalité s’est montrée plus nuancée. Les bureaux, loin de retrouver leur fourmillement habituel, se sont vidés. Les entreprises, elles, ont saisi l’opportunité pour repenser leur organisation et affiner leur stratégie immobilière. Le télétravail n’a pas seulement été toléré, il est devenu une composante à part entière du fonctionnement de nombreuses structures, qui cherchent désormais à en tirer le meilleur parti.

Quel impact réel sur les SCPI ?

télétravail

Les conséquences sont palpables : la présence physique au bureau a nettement reculé. Moins d’employés sur site, cela signifie des espaces de bureaux moins utilisés, voire inutilisés. On imagine alors facilement des dirigeants s’interrogeant sur la nécessité de continuer à louer de vastes plateaux ou des open spaces désertés. Pourtant, les statistiques et les retours du secteur immobilier nuancent cette vision.

Si la demande de surfaces traditionnelles a pu légèrement fléchir, la nécessité pour les équipes de maintenir un contact direct, de collaborer et d’échanger « en vrai », reste forte. Beaucoup d’entreprises s’orientent vers la création d’espaces partagés, de lieux hybrides qui favorisent l’interaction sociale. Cette mutation, loin de signer la fin des SCPI, les invite plutôt à s’adapter. Les gestionnaires de ces placements immobiliers réinventent leur offre pour répondre à ces nouvelles attentes, misant sur la flexibilité et la modularité des espaces.

Pour illustrer ce virage, certaines sociétés ont opté pour la transformation de bureaux classiques en espaces de coworking ou en salles multifonctions. Cette évolution répond à la fois au besoin de lien social et à la recherche d’optimisation des coûts immobiliers.

Les SCPI face au défi : fragilisées, mais loin d’être hors-jeu

Le télétravail ébranle sans doute les repères traditionnels des SCPI, mais il serait réducteur de croire que leur avenir est condamné. Deux leviers principaux les aident à tenir bon : le besoin persistant d’interactions humaines et le temps d’adaptation nécessaire pour toute transformation profonde.

Dans la pratique, de nombreuses entreprises réaménagent leurs locaux pour encourager les échanges entre salariés, misant sur des environnements de travail plus conviviaux et partagés. Ce mouvement maintient la demande pour certains types de biens immobiliers, à condition qu’ils soient capables d’évoluer.

D’autre part, le passage massif au télétravail ne se décrète pas du jour au lendemain. Mettre en place de nouvelles façons de travailler, repenser les espaces et les usages, cela prend du temps. Les SCPI peuvent donc s’appuyer sur cette période de transition pour adapter leur offre, diversifier leur patrimoine et accompagner les entreprises dans leurs nouveaux besoins.

Le télétravail a rebattu les cartes du secteur immobilier, mais il n’a pas sifflé la fin de la partie. Les SCPI, en se réinventant, prouvent qu’elles savent tirer parti des mutations plutôt que de les subir. Demain, les espaces de travail seront différents, hybrides, peut-être plus flexibles, mais ils auront toujours une valeur. Reste à savoir qui saura le mieux s’aligner sur ce nouvel élan.

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